Entretien avec Robert Koptas, rédacteur en chef du journal Agos. Quelle influence exerce Agos sur la transformation initiée en Turquie ? Comment a-t-il a pu continuer après Hrant Dink ? Les progrès et les pas en arrière d’Ankara à propos des sujets tabous. Même s’il « creuse un puits avec une aiguille », Koptas estime que le journal permet de rappeler ce que le système occulte et tente de créer un nouveau langage pour que ces « histoires oubliées » puissent être comprises par un plus grand nombre en Turquie.
J’ai choisi les propos de Baskin Oran, politologue et historien turc reconnu, sur Hrant Dink, pour le titre de mon article. Cet article est un essai pour présenter le phénomène Dink sous le regard d’une turcologue d'Arménie.
Hrant Dink, grâce à ses activités journalistiques et éditoriales, s’est fait connaître en 1996 aux publics arménien et turc. La plupart des spécialistes de la Turquie en Arménie avaient une vision sommaire de Dink, laquelle se limitait à de brèves informations sur sa participation active à des mouvements de gauche en Turquie.
Article de Guillaume Perrier. Six ans ont passé depuis la mort de Hrant Dink, un après-midi d'hiver, à Istanbul, sur le large trottoir de l'avenue Halaskargazi, devant l’immeuble abritant l’hebdomadaire arméno-turc Agos. Six ans qu'il a été terrassé par la haine anti-arménienne. Dans les locaux du journal, son bureau encombré est resté quasiment intact. A l'entrée d’Agos, une double porte blindée a été installée. Le petit journal qu'il avait fondé dans les années 90, a survécu à Hrant et, mieux encore, s'est développé, enrichi, a gagné en visibilité. Le nombre de ses abonnés a explosé et la compagnie aérienne Turkish Airlines lui a même donné le droit de figurer sur les présentoirs de l'aéroport, aux côtés des journaux turcs. Une reconnaissance inespérée.