L’année 2016-2017 nous a mis aux prises avec une actualité particulièrement tendue en Turquie et en Arménie. Les éléments de cette tension sont essentiellement politiques, avec des dimensions armées dans les deux cas, mais déconnectés l’une de l’autre : il semble que depuis l’échec de la ratification des protocoles arméno-turcs, les deux pays avancent sur des voies parallèles sans plus se rencontrer, alors même que les points de jonction pourraient être nombreux pour peu qu’une volonté politique de dialoguer existât.
Cet article de Sevan Deyirmenjian est paru dans le journal Agos du 9 août 2017 suite à un incident qui a eu lieu cet été pendant le Programme "Ari Tun" organisé par le Ministère de la Diaspora d'Arménie au cours duquel un conflit autour de l'identité a éclaté entre membres des groupes de jeunes d'Ukraine et d'Istanbul.
Dans cet article, paru sur le site USA Armenian Life, Appo Jabarian affirme que l’Arménie et le Karabakh sont plus démocratiques que la Diaspora puisqu'elle ne possède aucun système démocratique d'élection au suffrage universel. Il critique le fait que des dirigeants d'organisations politiques et religieuses s'autoproclament "représentants" bien que le total des membres des organisations ne dépasse pas les 5% de la totalité des Arméniens de Diaspora.
Dans cet article, Michel Wieviorka revient sur le « réveil arménien » qui a pris différentes formes selon les époques et qui s’est d’abord fait loin de la Turquie, puis dans la société turque elle-même, sous l’impulsion notamment du journaliste Hrant Dink assassiné en 2007. Rappelant les raisons du négationnisme de l’État turc quant au génocide arménien, l’auteur s’interroge au sujet des réparations territoriales et matérielles tout en soulignant l’importance de la chrétienté des Arméniens à l’heure où d’autres populations chrétiennes sont menacées ou victimes de violences. Enfin, le sociologue pose la question de l’avenir des Arméniens une fois que la reconnaissance du génocide par la Turquie aura été actée. Il se demande notamment s’ils seront capables, non pas seulement de se rappeler du passé, mais aussi de « se projeter vers l’avenir en tant que groupe humain ».