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« Savoir tirer le pain de la pierre »

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L’ONG YERKIR s’inscrit dans la filiation et la continuité des associations France-Karabagh, Union Yerkir et Yerkir Europe. Depuis 1990, c’est le cheminement et l’évolution de ces associations dus au contexte géopolitique régional de l’Arménie qui nous a permit de développer de nouvelles approches tant sur le fond que sur  la forme. Ainsi l’apparition de nouveaux champs d’actions en Turquie et en Arménie Occidentale, impensable il y a plus de 10 ans, nous conduit aujourd’hui à une nouvelle mutation en devenant YERKIR – Think & Do Tank Arménien – Penser & Agir.

HISTORIQUE

En 1991, les attaques conjointes russo-azéries sur tout le territoire du Haut-Karabagh et les zones frontalières de l’Est de l’Arménie ont détruit des centaines de villages et ont obligé environ 150 000 Arméniens à émigrer dans le Caucase du nord, en Russie… ou à être recueillis dans des camps de réfugiés en Arménie.

Après les pogroms d’Arméniens en Azerbaïdjan et les hostilités arméno-azéries en découlant, environ 350 000 Arméniens ont été chassés d’Azerbaïdjan et ont été en situation de réfugiés dans la C.E.I. Au total, 500 000 Arméniens ont donc été expulsés autour des années 1990 du fait des massacres et de la guerre.

Ce contingent ayant majoritairement trouvé refuge en Arménie a souffert de l’inégalité de chances, de la vulnérabilité du champ législatif de ses droits, de la non-application des lois existantes, et des crises économiques. Résultat indirect des opérations de guerre, des déportations bilatérales et de la dissolution des infrastructures socio-économiques, des milliers d’autres Arméniens ont à leur tour pris la route de l’exode et de l’émigration.

Enfin, à cause de la rupture des échanges transfrontaliers due au blocus de l’Azerbaïdjan, la réorganisation et la situation socio-économique se sont détériorées dans le Nord-Est et le sud de la République d’Arménie où étaient basés les réfugiés arméniens essentiellement venus d’Azerbaïdjan.

C’est dans ce contexte que l’association France-Karabagh a été créée à Lyon en 1990, en se donnant le but de consolider démographiquement les régions frontalières d’Arménie et du Karabagh. Les programmes de reconstruction de villages et de développement agro-économique ont permis rapatrier et de réinsérer des milliers de réfugiés arméniens. Dès 1994, afin d’être maître de ses projets, France-Karabagh s’est dotée de structures permanentes en Arménie et au Karabagh pour mener à bien la réhabilitation des villages.

Afin de mettre en œuvre des objectifs ambitieux et d’impliquer différentes communautés de la diaspora arméniennes des organisations œuvrant en Arménie et en Diaspora se sont réunies en novembre 2002 pour fonder L’Union Yerkir pour le rapatriement et la réinsertion. L’objectif était d’optimiser et mutualiser les dynamiques de ces organisations afin de consolider les programmes de développement des régions frontalières d’Arménie et du Haut-Karabagh ainsi que d’étendre les projets au Djavakhk en Géorgie, en Turquie ou dans des domaines comme l’archéologie, le développement durable, les Droits Fondamentaux…

RAPATRIEMENT ET RÉINSERTION

L’Arménie et le Haut-Karabagh furent en guerre contre l’Azerbaïdjan de 1989 à 1994. Ce conflit a provoqué un exode des populations, qui fut particulièrement important dans le Haut-Karabagh mais qui toucha également les zones frontalières de l’Arménie. Parallèlement, le conflit dévasta les maigres infrastructures dont disposaient auparavant ces régions reculées.

Les habitants des zones ciblées par nos projet ont pour partie été contraints de subsister dans des camps de réfugiés localisés dans des régions moins rudes de l’Arménie ou du Haut-Karabagh. La population restée sur place a survécu dans un dénuement absolu.

Les groupe cibles de nos projets ont donc été choisi sur des critères géographiques et sociaux. Il s’agissait de groupe provenant de villages totalement ou partiellement détruits et vidés à 90 %, caractérisés par des conditions de vie précaire, qu’ils soient restés sur place ou qu’ils aient temporairement fui la zone de guerre et qui souhaitent, maintenant le conflit terminé, rester ou revenir dans leurs régions d’origine. La liste des candidats au retour a été également établie avec l’aide des autorités locales (maires et préfets).

Rappel de la situation due à la guerre dans le Haut-Karabagh (1988-1994) :

– 110 villages étaient partiellement ou totalement détruits sur les 240 du pays.

– 40% des habitants avaient été chassés de leurs terres, (dont environ 20% étaient devenus des réfugiés dans leur propre pays)

– 6 000 enfants étaient orphelins de l’un ou des deux parents,

– La production agricole était tombée au quart de la normale, et le cheptel était réduit d’un facteur six par rapport à 1988.

Ces groupes cibles étaient constitués de familles d’agriculteurs et d’artisans, avec quelques spécialistes (ingénieurs agronomes, infirmier(e)s, instituteurs(trices), vétérinaires). Ils possèdent déjà une expérience des techniques agricoles. Il suffit donc de leur donner les moyens initiaux, de mettre en place une activité de culture ou d’élevage.

Leurs besoins étaient donc élémentaires :

  • Un toit ; les villages concernés ont été partiellement ou totalement détruits. Il est indispensable de construire de nouvelles maisons ou de réparer celles qui peuvent l’être.
  • Une structure de soutien médical ou social ; selon les cas, il s’agira d’un dispensaire, d’un centre sanitaire et social ou d’une école pour les enfants des jeunes ménages.
  • Une mise initiale ; elle sera constituée d’un cheptel bovin ou ovin et/ou de semences agricoles.

Il a néanmoins été prévu d’adjoindre à ce programme, au terme du projet, assurant pour l’essentiel la restauration de moyens élémentaires, un programme de formation des agriculteurs aux techniques modernes. Bien souvent en effet, les habitants de ces régions ne disposaient antérieurement à la guerre que de moyens et de techniques archaïques que la mise en place d’outils et de moyens plus perfectionnés (l’irrigation par exemple) rend obsolètes et inadéquats. Ce programme de formation a donc pour objectif de mettre à niveau ces populations rurales afin qu’elles tirent le maximum des moyens mis à leur disposition.

Il s’agit donc sans ambiguïté d’un projet qui vise la réduction de la pauvreté par l’octroi aux populations défavorisées d’un soutien visant à répondre à leurs besoins fondamentaux, à améliorer leurs conditions de vie et à renforcer leur capacité de développement endogène.

Méthodologie et moyens

Ce projet centré s’insère dans un schéma plus vaste de reconstruction du tissu social et humain des zones isolées du Haut-Karabagh et d’Arménie qui ont particulièrement souffert pendant la guerre contre l’Azerbaïdjan.

Le projet s’appuie sur la richesse humaine du paysan arménien habitué depuis toujours à « tirer le pain de la pierre » et fait le pari d’un investissement minimum, la remise en état des infrastructures, à partir desquelles une population intimement associée au projet reprendra en charge l’aménagement humain et socio-économique de son territoire.

Le projet global a débuté suite à un état des lieux des différents besoins rencontrés en Arménie et au Haut-Karabagh. Ce constat a été effectué lors de visites de délégations composée de représentants de France-Karabagh, suite à des rencontres avec les autorités locales ainsi qu’avec la population encore présente. L’étude effectuée a révélé les besoins de ces villages et des familles qui y habitent.

D’après la situation rencontrée, il semblait évident qu’il y avait nécessité à créer un environnement propice pour l’émancipation des populations présentes mais aussi pour celles qui avaient émis le souhait d’un retour dans leur village natal. Cela passait par la réalisation d’habitats décents, par l’existence d’une école primaire mais également par la création d’emplois durables afin de donner un sens à la vie quotidienne à ces femmes et ces hommes.

En quelques années, France-Karabagh et l’Union Yerkir ont réalisé la reconstruction de 16 villages et réussi l’autonomisation socio-économique de leurs habitants par le développement agricole ainsi que par la création d’écoles et de dispensaires.

Pour mener à bien ces projets France-Karabagh et l’Union Yerkir se sont appuyés sur des équipes permanentes mis en place dès 1994 dirigés par des expatriés français d’origine arménienne.

LES RÉALISATIONS

Développement socio-économique :

– Mise en œuvre de programme de micro-crédit à pour l’élevage et l’apiculture.

– Mise en œuvre de programme de mise en cultures de terres arables et de vergers.

– Mise en œuvre de programme de mutualisation et de création de Coopérative Agricole.

– Mise en œuvre de programme sanitaire et sociaux.

Construction :

200 maisons.

15 écoles et maternelles.

12 dispensaires et hôpitaux.