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Projet post-guerre du Karabagh pour les enfants

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« ALLER VERS » LES PERSONNES LES PLUS VULNÉRABLES : LES ENFANTS

La guerre des « 44 jours » du Haut-Karabagh, de l’automne 2020, a enclenché des événements traumatogènes provoqués par l’exode et la mort. Pour mieux comprendre la dimension collective du psychotraumatisme, il faut pointer plusieurs particularités non négligeables de ce conflit :

Les morts, les blessés, les mutilés, les prisonniers de guerre, les disparitions, le stress post-traumatique d’hommes engagés et des jeunes conscrits (étudiants, pères de famille…),

La répétition des traumatismes de la guerre de 1990-1994 (descendre dans les abris, fuir les bombardements…),

La Turquie, partie prenante du conflit, réveillant le fantôme du génocide de 1915.

Depuis la signature de l’accord de fin des hostilités, s’ajoute l’exode forcé, le traumatisme généré par l’abandon des villages et l’impossible retour pour des dizaines de milliers de personnes.

Dans la perspective de faire un relevé des besoins de la prise en charge du psychotraumatisme, notre ONG YERKIR a missionné en Arménie durant et après la guerre des cliniciens et des spécialistes franco-Arméniens.

Les rencontres avec les professionnels du secteur socio-médical en Arménie ont mis en lumière le besoin de soutien dans la formation, la sensibilisation et la prise en charge du psychotraumatisme. C’est dans une dynamique « d’aller vers » les personnes les plus vulnérables, les enfants, que s’est construite un des projets portés par l’ONG YERKIR :

CAHIER D’ACTIVITÉS PSYCHO-LUDIQUES : ԱՐԻ ԶԲՈՍՆԵՆՔ

Արի զբոսնենք (Ari Zposnenk) est un cahier d’activités psycho-ludiques de 36 pages, imaginé par Anouch Chahbenderian, psychologue clinicienne et co-créé avec Maïda Chavak, illustratrice. Destinés en premier lieu aux enfants d’Arménie et d’Artsakh de 6 à 13 ans, impactés par la guerre.

Արի զբոսնենք (Ari Zposnenk) est la première phase du « Mérou Project » (le projet Abeille). Une abeille guide l’enfant au fil des activités. Particulièrement valorisée en Arménie, l’abeille est chevronnée, organisée, solidaire et malgré sa petite taille, c’est un maillon essentiel de la biodiversité. L’enfant, sujet fragile, possède lui-même de grandes forces, notamment une adaptation bien plus importante que les adultes.

Les textes et les énoncés sont adressés directement à l’enfant, qui s’inscrit comme sujet et témoin de près ou de loin de la guerre. L’approche ludique a pour objectif de soutenir les processus de pensée et l’expression des émotions dans un contexte sociétal et familial de non-dits et de faible échange avec les enfants.

Le cahier est basé sur le principe de réalité, avec l’utilisation du mot guerre et l’expression des bouleversements qu’un conflit peut entraîner chez l’adulte comme chez l’enfant. Cette posture permet de donner une forme de reconnaissance à ce que l’enfant a pu ressentir d’inhabituel : l’anxiété, la peur, le chagrin. Le but est d’ouvrir un espace d’expression et de parole. L’enfant pourra s’il le souhaite partager ses réalisations dans la famille comme un bâton de parole.

Les activités encouragent la résilience par la mise en représentation, la construction d’un imaginaire, la mise en action des processus de pensée dans l’inventivité, la créativité, le jeu, mais aussi par le traitement de l’information et la capacité à se projeter et fixer des objectifs grâce à un contrôle suffisant des émotions.

Plusieurs missions en Arménie seront nécessaires pour diagnostiquer les situations ; consulter des spécialistes, des cliniciens, des ONG locales et Internationales ; tester les cahiers d’activités psycho-ludiques ; organiser la distribution des cahiers en partenariat avec des ONG d’Arménie présentes aussi en Artsakh.

Durant ces missions en Arménie, plusieurs temps d’échanges, de conférences et de présentations du cahier seront organisés par Anouch Chahbenderian et Maïda Chavak à Gumri, Erevan, Vanadzor… auprès de publics concernés : enseignants, pédagogues, équipes d’ONG, travailleurs sociaux, professionnels de la santé et psychologues.

Le cahier d’activité Արի զբոսնենք (28 x 20 cm, 36 pages) a été imprimé à 8 000 exemplaires fin mai 2021 à l’imprimerie des éditions « Antares » à Erevan.

Les 8 000 exemplaires ont été directement distribués à des cliniciens, psychologues et structures qui accompagnent les enfants d’Arménie et d’Artsakh touchés de très près ou d’un peu plus loin par la guerre : Women Ressource Center Stepanakert, Kooyrigs, Arevamanuk, Caritas, Terre & Culture, All For Armenia, Douleurs sans frontières, Emili Aregak Center, Centre Entanik, SHOR Center Stepanakert, All For Armenia, Kasa Gumri, SPFA, Allepo NGO, Association des Travailleurs Sociaux d’Arménie (AASW)…

La réalisation, l’impression et la distribution du cahier d’activités Արի զբոսնենք à 8 000 exemplaires est la première phase du « Merou Projet ». Il a pu être concrétisé grâce à un partenariat avec la Fondation « Armenia » de Genève mais surtout grâce à la générosité de donateurs privées de la campagne de dons de décembre 2020.

Dans les prochaines semaines en lien avec les professionnels de santé en Arménie ainsi que les ONG partenaires des évaluations de la prise en main du cahier d’activités par les enfants seront réalisées.

Des missions de psychologues français sont prévues sur place ainsi qu’une réédition du cahier Արի զբոսնենք et une extension du « Merou Projet ». C’est grâce à la générosité de vos dons que nous pourrons étendre et démultiplier ce projet.