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Fouilles archéologiques de l’église troglodyte de Khatchénaguède en Artsakh

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En mai 2006, en amont des fouilles archéologique de la cité antique de Tigranakert d’Artsakh, une équipe d’archéologues et de topographes a commencé à prendre des mesures, à tracer les plans et à photographier les monuments référencés lors de la mission d’étude du site de Khatchénaguède de 2005 missionné par l’ONG Yerkir Think & Do Tank. Au bout de quelques jours de travail, il paraissait nécessaire d’étendre les recherches et les fouilles car l’église creusée dans la falaise comportait des réseaux de tunnels et de canaux, ainsi que des monuments dispersés qui menaient à la découverte d’autres monuments en lien avec la ville antique  de Tigranakert d’Artsakh.

Sur le site des fouilles de la cité antique de Tigranakert d’Arstakh, à 6 km au nord en direction de Mardakert, se trouve le site de Khatchénaguède datant du VI-VIIème siècle. Ce site situé dans une falaise est constitué d’une église avec narthex taillée dans la roche, d’une salle d’apparat, d’une cour avec de nombreuses pierres tombales, d’un canal d’irrigation et de tunnels dont les murs sont ornés de croix taillées avec des inscriptions grecques et arméniennes.

Ce complexe troglodyte est unique par son emplacement. Les escaliers permettant d’accéder à l’église sont étroits, non adaptés aux pèlerins et des plates-formes de protections jalonnent le parcours. Les premiers chrétiens installés dans cette région ont eu le souci de sécuriser ce lieu de culte des menaces venant de la plaine et des steppes environnantes.

Un petit chemin conduit au complexe religieux, lui aussi creusé dans la roche, et plusieurs croix gravées ainsi que quelques inscriptions arméniennes et grecques ont été découvertes sur ses murs. Les gravures en forme de croix de la grotte-sanctuaire représentent la seule caractéristique de la culture paléochrétienne. On les retrouve dans les escaliers et sont souvent entourées d’un cadre décoré. On trouve aussi le nom du Christ, entouré de fleurs et d’oiseaux, symboles de la victoire sur la mort, du salut des âmes et du ciel.

Nous savons que le Khatchkar (Littéralement « Croix de pierre » art typique arménien) est l’un des symboles les plus connus de l’identité arménienne mais il est possible d’imaginer que cet art pictographique existait avant l’émergence du christianisme. Sur les murs du complexe de l’église de Khatchénaguède se trouve un panel de croix mélangeant des symboles chrétiens, des gerbes de fleurs, des oiseaux et des bijoux témoignant des balbutiements de l’art du Khatchkar.

Le canal d’irrigation datant de l’époque antique servait à l’acheminement de l’eau de la ville de Tigranakert. Les croix gravées dans le canal permettent d’établir une continuité entre le site où se trouve l’église creusée dans la falaise (VI-VIIème siècle) et la ville antique de Tigranakert datant du Ier siècle av. JC.

Ce complexe pose une série de questions dont les solutions sont à rechercher dans l’histoire antiquae arménienne et celle de la christianisation de cette région. Au cours des fouilles menée par Hamlet Petrosyan en juin 2006, Gusto Traina, professeur d’histoire romaine à l’université de Lecce (Italie) a étudié les inscriptions grecques qui ont été trouvées afin de pouvoir définir la nature ainsi que la période de ces inscriptions.